Syndicat national des pépiniéristes de plants Truffiers certifiés

« D’Avignon à Montignac l’histoire du Syndicat des Pépiniéristes

des Plants à Vocation Truffière»
 

Tout commence en 1975 en Avignon…

Ce n’est probablement pas un hasard si les racines du syndicat national des pépiniéristes produisant des plants à vocation truffière, germent dans ces terres provençales, tant la « Rabasse » est profondément ancrée aux traditions et à la culture méditerranéenne. Pour preuve, la plupart des pépiniéristes qui existent depuis plusieurs générations parfois, sont alors originaires de la région PACA.

Il peut paraître surprenant que cela ne soit qu’en 1975, que les pépiniéristes décident de se regrouper en syndicat. Mais c’est la concordance de circonstances : diminution drastique de la production de truffes depuis la fin de la première guerre mondiale, demande de la Fédération Nationale des Producteurs de Truffes (FNTP), mais aussi les recherches de l’Institut National de Recherche Agronomique (INRA) aboutissant à la création des plants « contrôlés » qui vont conduire à la réunion des pépiniéristes.

Le Syndicat National propose alors des objectifs très clairs :

                  1. de faire produire des plants à vocation truffière dans les meilleures conditions techniques et scientifiques compte tenu de leur évolution.

       2. de rechercher constamment l’amélioration de cette production de plants par rapport au dispositif mycorhizien souhaitable .

Cependant, il faut se remettre dans le contexte de l’époque. La production de plants est encore le fruit d’un savoir faire artisanal et le 5 novembre 1976, Monsieur Espenon, Président fondateur du Syndicat et défenseur acharné de la truffe et des trufficulteurs précise : « le syndicat n’a pas pour mission de faire des choix entre les divers procédés de mycorhization ou de semis employés mais de regrouper tous les pépiniéristes afin d’améliorer au maximum la production ».

Il existe alors de multiples techniques d’inoculation et production de truffiers :

Ce dernier n’a pas encore fait ses preuves puisque les premières plantations n’ont été effectuées qu’en 1973 et que 1976 est l’année de la première truffe issue d’un plant mycorhizé sous licence INRA. La totalité des truffes produites alors sont soit spontanées / sauvages, soit issues des truffières cultivées et plantées selon les techniques empiriques issues de la fin du XIX ème / début du XXème siècle, apogée de la production trufficole française.

De la fin des années 70 à 2012, les statuts du Syndicat n’évoluent guère. Si ce n’est le déménagement à Montignac (en Dordogne) du siège social et l’arrivée de nouveaux adhérents. Cependant, en 30 ans, le visage de la trufficulture française, européenne, mais aussi mondiale, a évolué de manière considérable et le Syndicat décide de faire l’analyse de cette évolution et d’en tirer les conséquences pour son avenir.

Le mérite du renouveau de la culture de la truffe revient en premier lieu aux trufficulteurs. En trente ans, c’est plus de 15.000 ha qui sont plantés en France. Si le chiffre peut paraître important, Il faut le remettre en perspective avec la diminution des superficies des forêts de production naturelles. Selon un rapport du Ministère de L’agriculture, de 1970 à 2006 55.000 ha de truffières sauvages disparaissent au profit d’autres cultures (vigne notamment), de la forêt et du développement urbain. Ces chiffres sont corroborés par la récolte de truffe en milieu sauvage ou en truffières naturelles. Estimée à plus de la moitié de la production dans les années 60,  elle correspond aujourd’hui à moins de cinq pour cent des volumes pour Tuber melanosporum.

Cette renaissance de la trufficulture française - on repasse en trente ans de 20 à 60 tonnes de truffes - est donc le résultat du travail acharné des Hommes pour les plantations et la redécouverte des techniques de « trufficulture ». Mais encore fallait-il disposer des outils performants pour relancer la culture. Il est aujourd’hui indéniable que c’est grâce à l’apparition en 1972 des plants « contrôlés et certifiés » INRA puis CTIFL et leur constante évolution, que l’on a pu regagner du terrain dans les zones de production naturelle de la truffe, mais aussi de conquérir de nouveaux territoires où jusque là, la production de truffes était anecdotique voire inexistante.

C’est pourquoi Il a semblé nécessaire aux adhérents du Syndicat des Pépiniéristes des Plants à Vocation Truffière, en accord avec l’objectif premier rappelé ci-dessus, de rendre obligatoire :

« Le contrôle et la certification par un organisme reconnu et indépendant de la qualité de la mycorhization » à partir de 2012.

De nombreux syndicats de trufficulteurs avaient déjà mis dans leur cahier des charges d’achat le contrôle de la mycorhization des plants. De plus, l’Etat ne donne en général de subventions qu’à des arbres agréés.

Il faut aussi ajouter que le développement de la commercialisation de la Truffe de Chine et les risques potentiels de développement de Tuber indicum est un argument supplémentaire pour le contrôle de l’inoculum et des mycorhizes par des spécialistes si on veut éviter toute contamination.

L’objectif de « de faire produire des plants à vocation truffière dans les meilleures conditions techniques et scientifiques compte tenues de leur évolution » reste l’obsession de tous les pépiniéristes.

L’évolution de nos plants ne peut se faire que par un investissement permanent dans la recherche et le développement, mais aussi par le dialogue permanent avec les trufficulteurs qui détiennent un « savoir faire » inestimable.

Ensemble pour demain, nous devons inventer la trufficulture moderne afin que la France reste le leader de la Trufficulture mondiale.